Vos enfants connaissent déjà le Pérou sans y avoir mis les pieds. C’est le décor du Temple du Soleil, celui des lamas et des cités perdues dans les nuages. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut vraiment y marcher en famille. Un trek au Pérou se vit dès 8 ans environ, sur les sentiers de la vallée sacrée ou lors de la montée finale vers le Machu Picchu, à une condition qui ne se négocie pas. Il faut laisser au corps le temps de s’habituer à l’altitude avant de partir marcher. Voici de quoi préparer le voyage de votre tribu, sans légende ni approximation.
Commencez par la vallée sacrée. Autour de Pisac, d’Ollantaytambo ou des étonnantes salines de Maras, on marche deux à quatre heures entre terrasses incas et villages andins, à des altitudes encore raisonnables de 2 800 à 3 000 mètres. Un enfant de 8 ans y trouve son rythme, surtout quand la balade se termine par une partie de cache-cache dans des ruines vieilles de cinq siècles.
Le Machu Picchu mérite ensuite sa réputation, à condition de bien l’aborder. Inutile de le gagner à la force des mollets par le chemin de l’Inca intégral. Le train qui serpente jusqu’à Aguas Calientes vaut à lui seul le détour, et les enfants passent le trajet le nez collé aux vitres. La montée vers la citadelle se fait ensuite en bus, ou à pied par un escalier qui demande une à deux heures d’effort. Un détail surprend toujours les parents. Le site ne culmine qu’à 2 430 mètres, bien plus bas que Cusco, et cette étape mythique est finalement l’une des plus douces pour l’organisme. C’est l’esprit de notre circuit au Pérou en famille, qui relie la vallée sacrée et la citadelle à un rythme pensé pour les enfants.
Votre tribu aime les défis ? La montagne arc-en-ciel s’envisage à la journée depuis Cusco avec des enfants d’au moins 12 ans, sportifs et déjà bien acclimatés, car on y dépasse les 5 000 mètres. Le canyon de Colca est plus accessible qu’il n’y paraît. Ses sentiers des crêtes et le belvédère de la Cruz del Condor, où les condors frôlent les spectateurs, se parcourent sans difficulté. Seule la descente au fond du canyon avec nuit à l’oasis demande de vrais mollets, la remontée du lendemain étant longue et raide.
Aucune règle officielle ne fixe la barre, mais l’expérience des familles donne des repères fiables. Avant 8 ans, les médecins déconseillent la haute altitude, et le Pérou andin attendra quelques années. A partir de 8 ans, le voyage s’envisage en douceur, dans la vallée sacrée, avec des marches courtes et des arrêts réguliers pour s’hydrater. La vraie fenêtre s’ouvre vers 10 ou 12 ans, l’âge où l’on enchaîne sans mal les randonnées à la journée et où chaque ruine devient une forteresse à explorer. Les grands treks, ceux qui alignent les heures de marche et franchissent des cols perchés, attendront 14 à 16 ans.
Ces repères restent des moyennes. Certains enfants de 10 ans marchent mieux que des ados. C’est justement ce qu’un voyage sur mesure au Pérou en famille permet d’ajuster, avec un programme calé sur l’âge et le tempérament de chacun plutôt que sur une brochure.
La règle tient en une phrase. On dort bas, on monte doucement. Plutôt que de poser vos valises à Cusco dès la descente d’avion, la ville se trouvant à 3 400 mètres, installez-vous d’abord dans la vallée sacrée, vers 2 800 mètres du côté d’Ollantaytambo. Deux ou trois jours de visites tranquilles suffisent au corps pour prendre ses marques. Faites boire vos enfants plus souvent que d’habitude et gardez les premières journées légères.
Le mal des montagnes, que les Péruviens appellent soroche, peut toucher petits et grands au-dessus de 2 500 mètres. Chez l’enfant, il se repère à des signes discrets. Un appétit en berne, un sommeil agité ou une humeur inhabituelle doivent attirer votre attention, et ces désagréments s’effacent le plus souvent avec du repos et de l’eau. D’autres signes ne se discutent pas. Des vomissements qui persistent, une somnolence anormale ou un essoufflement au repos imposent de redescendre et de consulter. Avant le départ, une visite chez votre pédiatre permettra de valider le projet et de préparer la trousse à pharmacie.
Le chemin de l’Inca intégral, 4 jours de marche jusqu’au Machu Picchu, fait rêver les parents randonneurs. Avec des enfants, mieux vaut y renoncer. Son col principal franchit 4 215 mètres, on y dort sous tente et il n’existe aucune sortie possible en cours de route. Il comblera un ado sportif après une bonne acclimatation, pas avant. Les treks du Salkantay et de l’Ausangate posent les mêmes limites, avec des cols au-delà de 4 600 mètres. De manière générale, évitez les programmes pressés qui font dormir plus haut chaque soir. En montagne, la patience paie, et celle des enfants encore plus.
Un bel itinéraire au Pérou alterne randonnées et étapes plus reposantes. Arequipa en est la parfaite illustration. On flâne dans la ville blanche à 2 335 mètres, une altitude où toute la tribu recharge ses batteries. Le lac Titicaca offre un autre type d’émerveillement, des traversées en bateau et des rencontres dans les îles. Programmez-le en fin de voyage, ses 3 812 mètres en faisant l’une des étapes les plus hautes du pays. L’Amazonie péruvienne change enfin complètement de décor. En basse altitude, les bâtons de marche cèdent la place aux jumelles, et l’on guette singes et perroquets depuis la pirogue. Ces pauses ne remplissent pas l’itinéraire, elles contribuent à sa réussite.
Un trek au Pérou en famille se prépare comme une belle expédition. Une acclimatation respectée, des sentiers choisis selon l’âge, des pauses assumées, et les Andes deviennent un formidable terrain d’aventure à partager. Vos enfants en reparleront longtemps après être redescendus des nuages, quelque part entre deux cases du Temple du Soleil.